La dernière sensation de Shonen Jump, Drama Queen , a relancé les débats au sein de la communauté manga, notamment après que des modifications ont été apportées à la version anglaise de son premier chapitre. Lancée en décembre 2024, la série de Kuraku Ichikawa a rapidement polarisé les opinions en raison d’accusations de racisme et de xénophobie intégrées dans son récit.
Cette semaine, Drama Queen a été à nouveau sous les projecteurs lorsque les fans ont remarqué qu’un panneau spécifique de la traduction anglaise avait été modifié, apparemment pour censurer une blague du personnage principal. Ce changement a été perçu comme un affront potentiel à la communauté LGBTQ+.
Controverse sur la censure : traduction ou malentendu ?
Interprétation erronée d’un terme japonais
Concernant l’ajustement de la traduction de Drama Queen pour le mot « partenaire » : il n’y a pas de censure ; le terme utilisé dans la version japonaise est « 甸ā–¹ » qui se traduit par partenaire, mais il n’a pas la même signification que lorsque le mot partenaire est utilisé en anglais et n’a rien à voir avec l’inclusif… ; https://t.co/oM8uayXSzV — Manga Mogura RE (Anime & Manga News) (@MangaMoguraRE) 16 décembre 2024
Un examen plus approfondi, tel que partagé par @MangaMoguraRE et d’autres sur la plateforme de médias sociaux X, suggère que dans le premier chapitre, la protagoniste Nomamoto se plaint des extraterrestres qui se sont installés sur Terre. Dans sa diatribe, elle les compare à certaines personnes qu’elle n’aime pas, notamment « les femmes qui appellent leur petit ami leur « partenaire ». » Au départ, cette remarque a suscité des réactions affirmant qu’il s’agissait d’une insulte envers les personnes LGBTQ+, en particulier dans la façon dont le terme « partenaire » est interprété dans la culture japonaise comme « 相方 » (aikata).
Je vois à nouveau certains se plaindre du manga Drama Queen. Certains suggèrent que la déclaration du personnage principal selon laquelle il déteste le terme non sexiste de « partenaire » ; ou « 甸ā–¹ » comme anti-LGBTQ. #ドラãƒ\u017eクイン #DramaQueen pic.twitter.com/UEhXrqvtr5 — Jayce (@stuckathome711) 13 décembre 2024
Peu de temps après, les fans ont été surpris de découvrir que la traduction anglaise avait ajusté la remarque de Nomamoto en : « Je déteste les femmes qui utilisent des surnoms pour leurs petits amis. » Cette modification a conduit de nombreuses personnes à conclure qu’il pourrait s’agir d’une réaction aux critiques en ligne, soulevant d’importantes inquiétudes concernant la censure.
Cependant, comme l’ont souligné Manga Mogura et d’autres locuteurs japonais, le terme « 相方 » ne correspond pas directement à son équivalent anglais. Il n’a notamment aucune connotation d’inclusivité. Il s’agit plutôt d’une référence informelle utilisée par certains jeunes Japonais pour décrire un partenaire romantique sans le qualifier de petit ami ou de petite amie.
Cela suggère que les changements apportés à la traduction n’étaient pas nécessairement liés à la censure, mais plutôt à une tentative de transmettre plus précisément le sentiment original. Pourtant, la décision d’éviter des interprétations potentiellement offensantes peut également être perçue comme une forme de censure. Curieusement, d’autres segments du manga sont restés intacts dans la traduction.
Malentendus culturels chez les fans occidentaux
La question de la censure dans le manga et la littérature est un enjeu crucial. Les motivations derrière cette modification particulière font sourciller, d’autant plus qu’elle met en évidence un problème persistant : le public occidental interprète souvent mal ou impose des normes culturelles étrangères aux œuvres ancrées dans la tradition japonaise. Ce décalage risque de déformer les intentions originales des créateurs et peut finalement conduire à une censure inutile.
Les fans plus âgés se souviendront peut-être de l’époque où les premières adaptations d’anime, comme Sailor Moon, troquaient les ramen contre des spaghettis, un changement perçu comme plus ridicule que nuisible. En revanche, la situation de Drama Queen nous rappelle avec lucidité les complexités inhérentes à la traduction de produits culturels. Bien que les mangas et les anime jouissent d’une grande popularité mondiale, il est essentiel de se rappeler qu’ils restent profondément ancrés dans la culture japonaise.
Au fur et à mesure que l’histoire de Drama Queen se déroule, impliquant un couple de marginaux qui se bat contre des extraterrestres, souvent comparés aux expériences des immigrants, elle semble vouée à susciter continuellement le débat. Jusqu’à ce qu’une déclaration officielle concernant les modifications de traduction soit fournie, l’ombre de la censure plane sur cette série intrigante.
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